Le canal de Bourgogne · Histoire
Histoire du canal de Bourgogne, entre Yonne et Saône
L'histoire du canal de Bourgogne couvre plus de deux siècles de projets et soixante ans de chantier, jusqu'à l'ouverture de 1832 : ses 189 écluses Freycinet et sa voûte de Pouilly-en-Auxois déterminent encore la signalisation fluviale du canal.
Deux siècles de projets
La jonction de l'Yonne et de la Saône à travers la Bourgogne est envisagée dès le règne d'Henri IV, vers 1605. En 1696, Vauban fait étudier par l'ingénieur Thomassin une autre jonction, de la Saône à la Loire par le Charolais. Sous la Régence apparaît le projet de l'ingénieur La Jonchère : relier la Saône à l'Yonne par l'Ouche et l'Armançon.
Entre 1724 et 1727, les élus de Bourgogne chargent Jacques V Gabriel, premier ingénieur des Ponts et Chaussées, de départager les propositions, et Joseph Abeille examine les projets. En 1729, Pierre-François Merchand d'Espinassy obtient des lettres patentes pour construire le canal, sans que les travaux suivent.
L'édit de 1773 et les premiers chantiers
Le 7 septembre 1773, Louis XV signe l'édit ordonnant la réalisation du canal. En 1774, le partage des charges est fixé : le budget royal financera le versant de l'Yonne, les États de Bourgogne le versant de la Saône. Les dépenses sont estimées en 1775 à 7,179 millions de livres.
Les premiers travaux démarrent en 1777 sur la section de Laroche à Tonnerre ; ceux de la section entre Dijon et la Saône commencent en 1781. La Révolution les interrompt progressivement entre 1790 et 1795.
De l'Empire à l'ouverture de 1832
Les travaux reprennent en 1808, sous Napoléon, et une première ouverture partielle a lieu la même année entre Dijon et Saint-Jean-de-Losne. Reste la difficulté majeure : le passage du seuil de Pouilly-en-Auxois. Ce n'est qu'en 1812 que la solution du souterrain et l'implantation des principaux réservoirs sont arrêtées.
La voûte de Pouilly-en-Auxois est construite de 1826 à 1832, et le canal est ouvert à la navigation sur toute sa longueur en 1832. La construction des réservoirs qui alimentent le bief de partage se poursuit jusqu'en 1850.
Le temps du commerce et de la concurrence
Entre 1879 et 1882, les écluses sont mises au gabarit Freycinet, qui permet le passage de péniches de 350 t et de 38,50 m de long. Mais la concurrence du rail est immédiate : dès l'ouverture du canal, la ligne à grand trafic du PLM lui dispute le fret. Dès avril 1830, une ordonnance de Charles X avait autorisé la ligne d'Épinac à Pont-d'Ouche, longue de 26 km, pour acheminer le charbon jusqu'au canal ; en 1881, le charbon des houillères de Sincey abandonne la voie d'eau pour le chemin de fer.
À la fin des années 1960, le canal, de plus en plus concurrencé par la route, n'est plus utilisé pour le transport de marchandises.
Le canal de Bourgogne, canal de plaisance
Le canal de Bourgogne est désormais exclusivement destiné à la navigation de plaisance, d'avril à fin octobre. Son patrimoine est mis en valeur : en 2004, un centre d'interprétation est construit à Pouilly-en-Auxois sur les plans de l'architecte japonais Shigeru Ban, avec une protection semi-cylindrique et transparente pour l'ancien toueur de la voûte.
Ce que cette histoire laisse à la signalisation
L'histoire du canal se lit dans ses contraintes actuelles :
- Le gabarit Freycinet de 1879-1882 : un canal étroit, équipé en gamme 1, mais avec 189 écluses dont chaque approche doit être signalée, autour du signal d'arrêt B.5.
- La voûte de 1826-1832 : un passage long et étroit, dont l'entrée réunit feux, interdiction de croiser A.4 et rappel des conditions de passage.
- Les ponts de l'époque de la construction : une hauteur libre réduite, rappelée par le C.2.
- Le kilométrage et les nombreux ouvrages numérotés : des panneaux de points kilométriques et des cartouches d'identification.
Les règles d'implantation sur ouvrage sont détaillées sur la page ponts, écluses et ouvrages. Pour la navigation actuelle, voir le canal de Bourgogne et ses activités.




