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La Loire · Histoire

Histoire de la navigation sur la Loire

L'histoire de la navigation sur la Loire est celle de la marine de Loire, une batellerie à voile et à fond plat qui a fait la richesse des villes du fleuve avant de s'effacer devant le chemin de fer. Elle a laissé des quais, des levées et des épis que l'on retrouve aujourd'hui.

Une marine fluviale organisée dès le Moyen Âge

La Loire est longtemps la grande route de l'intérieur du royaume vers l'Atlantique. Les marchands qui la fréquentent se regroupent dans une communauté, la « Communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire et autres fleuves descendant en icelle », peut-être active dès le début du XIIIe siècle et dissoute à la fin du XVIIIe siècle. Sa longévité, plus de cinq siècles, montre le poids du commerce fluvial dans la vie des villes riveraines.

Le fleuve « porte bateau » à partir de Saint-Rambert, dans le Forez ; en aval de Roanne, la navigation devient plus aisée. Au milieu du XIXe siècle encore, la Loire navigable depuis les environs de Roanne reste la principale voie de transport de l'intérieur vers le port de Nantes.

Chalands, gabares, toues et sapines

La marine de Loire invente des bateaux adaptés à un fleuve peu profond. Le chaland, à fond plat, porte un mât que l'on abaisse pour passer sous les ponts. La gabare, ou aurière, atteint une trentaine de mètres pour 4,5 m de large et transporte 60 à 70 tonnes. La sapine, construite en bois de pin, mesure 20 à 25 m et ne cale que 70 cm en charge. Les toues, de 4 à 7 m, et les futreaux servent aux usages locaux.

Les bateaux naviguent souvent en trains, liés les uns aux autres. Cette technique recule au XIXe siècle, lorsque les marchands préfèrent des bateaux isolés, plus rapides à charger et à livrer.

Levées et turcies : contenir le fleuve

Dès le Moyen Âge, les riverains élèvent des digues, les turcies puis les levées, pour se protéger des crues. Elles finissent par border le fleuve sur environ 500 km. Ces ouvrages fixent les villes et les ports, mais les crues continuent de remanier le lit en profondeur. La navigation doit composer avec un chenal qui change de place d'une saison à l'autre.

L'âge d'or, la vapeur et le chemin de fer

Le commerce fluvial, très actif au XVIIIe siècle, atteint son apogée vers 1860. Les bateaux à vapeur apparaissent sur la Loire dans la première moitié du XIXe siècle ; le modèle des « Inexplosibles », conçu en 1837, transporte des voyageurs avec plus de vitesse et de sécurité. Mais ces vapeurs ne restent en service régulier qu'une trentaine d'années.

Le chemin de fer change tout. La ligne Paris-Orléans ouvre en mai 1843 ; à la fin des années 1840, le rail atteint Tours, Angers et Nantes. Dès 1846, la compagnie du Paris-Orléans rachète les compagnies de bateaux à vapeur restantes. Le canal latéral à la Loire, ouvert en 1838, permet de son côté d'éviter le fleuve entre Digoin et Briare.

Du déclin au Val de Loire classé

Le développement du rail puis de la route entraîne le déclin de la marine de Loire au cours du XIXe siècle. Le fleuve cesse d'être une route marchande et devient un paysage. En 2000, le Val de Loire, de Sully-sur-Loire à Chalonnes-sur-Loire, est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Des associations et des professionnels font revivre les bateaux traditionnels : promenades en gabare, nuits en toue cabanée, petit bateau de pêche à fond plat.

Ce que la marine de Loire laisse à la signalisation d'aujourd'hui

La Loire navigable d'aujourd'hui porte la marque de ce passé. Les épis de navigation construits pour concentrer le courant servent toujours de repères au balisage, posé en tête d'épis. Les quais et cales des anciens ports accueillent bateaux de promenade et embarcations traditionnelles, qui demandent des panneaux de stationnement et des consignes claires. Les ponts anciens imposent leurs passes. Et le chenal mobile explique pourquoi la Loire se balise par bouées, selon l'annexe 8 du RGPNI, plutôt que par panneaux.

Pour la navigation actuelle, voir la Loire navigable et le canal latéral à la Loire. Les villes de Tours et d'Orléans gardent leurs quais de mariniers.

Sources

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