Normes et réglementation
Visibilité et éclairage des signaux fluviaux
La visibilité des signaux fluviaux, de jour comme de nuit, est l'exigence fondamentale du balisage selon le SIGNI. Le texte la chiffre : angle visuel, hauteur des caractères, éclairement des panneaux.
Trois degrés de visibilité
Le chapitre 2 du SIGNI reprend les recommandations de l'AISM et distingue trois degrés de visibilité (2.1.4) :
- premier degré : le signal est visible à l'œil nu, mais sa signification n'est pas encore identifiable ;
- deuxième degré : le signal est visible et identifiable sans ambiguïté ;
- troisième degré : le signal est identifiable et ressort immédiatement de son environnement.
Les signaux qui doivent impérativement être vus à une certaine distance, comme l'interdiction de passer A.1 ou l'obligation de vigilance particulière B.8, devraient offrir une visibilité du deuxième ou du troisième degré grâce à leurs dimensions. Le troisième degré est exigé lorsque le fond, constructions ou nombreuses sources lumineuses, risque de masquer le signal de nuit : c'est le cas d'une traversée urbaine.
Angle visuel et taille des signaux
Le degré de visibilité dépend de l'angle sous lequel l'œil voit le signal, du contraste des couleurs, de l'éclairage et des conditions atmosphériques (2.1.5). Pour une visibilité du premier degré, le signal doit être vu de jour sous un angle d'au moins une minute d'arc (2.2.1). Pour identifier une forme simple, il faut de 3 à 5 minutes d'arc ; pour une forme complexe comme des chiffres ou des lettres, de 5 à 8 (2.2.2).
Le SIGNI en tire une formule : la hauteur du signal H est égale à la distance L multipliée par la tangente de l'angle visuel. Avec 4 minutes d'arc, une forme de 0,5 m se reconnaît à 500 m, une forme de 1 m à 1 000 m. Si le signal porte des figures simples (points, lignes, flèches), il faut compter une réduction de visibilité de 15 % ; pour des figures complexes, de 30 %. C'est ce raisonnement qui conduit à passer à une gamme supérieure quand la voie s'élargit.
Hauteur des lettres et des chiffres
Pour les inscriptions, la règle du SIGNI est simple (2.2.3) : la hauteur des lettres et des chiffres doit être au moins égale au cinq-centième de la plus grande distance de lecture, et l'épaisseur du trait au moins égale au septième de cette hauteur. Un chiffre lu à 100 m doit donc mesurer au moins 20 cm de haut, avec un trait d'environ 3 cm.
L'appendice 1 donne un ordre de grandeur voisin pour des caractères noirs sur fond blanc de type DIN 1451, vus de face : la distance maximale de lisibilité vaut environ 465 fois la hauteur de la majuscule. Vue en biais, cette distance diminue avec le cosinus de l'angle d'observation. Sur les balises, les numéros de référence ne descendent pas sous 200 mm de hauteur (6.6.2). En France, les alphabets sont fixés par l'annexe 7 du RGPNI : voir lettrage L1 et L3.
Contraste, couleurs et rétroréflexion
La bonne visibilité dépend du contraste entre la luminosité du signal et le fond (2.2.6). Les couleurs de surface doivent rester dans les zones chromatiques définies par la CIE (1.3.4), et l'appendice 3 propose des teintes RAL, par exemple RAL 3020 pour le rouge, RAL 5017 pour le bleu et RAL 9016 pour le blanc des panneaux. Voir couleurs RAL des panneaux fluviaux.
La section 2.2.4 impose de recouvrir de matériau réfléchissant les bouées non lumineuses et les panneaux des signaux côtiers non lumineux, dans les couleurs prévues pour le signal. Pour une identification fiable de nuit, la surface du panneau doit être lisse, uniforme et si possible réfléchissante (2.2.8). En France, l'annexe 7 du RGPNI exige des films de classe 1 ou de classe 2 selon la norme EN 12899-1 : voir films rétroréfléchissants EN 12899-1.
Éclairage des panneaux la nuit
Un panneau peut servir de signal de nuit s'il est éclairé (1.1.13). La section 2.2.7 précise que les signaux de l'annexe 7 du CEVNI sont éclairés par des feux blancs fixes dirigés, fonctionnant sans interruption et installés de façon à ne pas gêner le conducteur. S'il n'est pas possible d'utiliser l'éclairage électrique, le panneau est recouvert d'un matériau réfléchissant de la couleur correspondante.
L'appendice 5, fondé sur la norme EN 12899-1, détaille cet éclairage :
- il ne fonctionne que la nuit ; de jour, le signal doit être identifiable à la lumière naturelle ;
- l'éclairage extérieur vient d'un fanal placé au-dessus ou au-dessous du panneau, deux fanaux pour un panneau haut, plusieurs en ligne pour un panneau très large ;
- l'éclairement mesuré va de 40 à 100 lx dans un environnement peu lumineux, hors des villes par exemple, et de 100 à 400 lx en ville ;
- le rapport entre éclairement minimal et maximal est d'au moins 1 : 10 ;
- la lumière est blanche, de 3 500 à 4 500 K, pour que les couleurs donnent la même sensation que de jour ;
- pour un panneau à éclairage intérieur, on vise la classe L1 dans un environnement sombre et la classe L2 dans un environnement éclairé.
Éclairages d'ouvrages et signaux à messages variables
Le SIGNI admet des éclairages complémentaires de nuit : dessous d'un pont, piles, abords d'une écluse, section de canal. Ils doivent être conçus pour éviter l'éblouissement (2.3.1). Les feux de balisage ne doivent pas non plus gêner la circulation routière ou ferroviaire voisine (2.4.1).
Pour les signaux à messages variables, le chapitre 11 demande que les signaux de l'annexe 7 du CEVNI soient représentés par des systèmes mécaniques, comme les tableaux à ruban ou les panneaux trivision, éclairés de l'extérieur la nuit. Les systèmes auto-lumineux sont à éviter pour ces signaux, et la représentation inversée, par exemple des surfaces noires et blanches échangées, est jugée inacceptable. Les afficheurs à diodes restent une solution raisonnable pour des contenus qui changent souvent, comme les hauteurs d'eau ou le tirant d'air sous un pont, avec une luminosité réglée selon l'éclairage ambiant.
Signaux cités
Questions fréquentes
Faut-il éclairer les panneaux fluviaux ?
Le SIGNI prévoit que les signaux qui règlent la navigation soient visibles de nuit grâce à des feux blancs fixes dirigés (section 2.2.7). Faute d'éclairage électrique, le panneau doit être réfléchissant. Le choix dépend de la navigation de nuit sur la voie et revient au gestionnaire.
Quelle hauteur de lettres pour un texte lu à 150 m ?
Avec la règle du SIGNI (un cinq-centième de la distance de lecture), au moins 30 cm, avec un trait d'environ 4,3 cm, soit le septième de la hauteur.
Classe 1 ou classe 2 pour la navigation de nuit ?
Les deux classes de la norme EN 12899-1 sont admises par l'annexe 7 du RGPNI. La classe 2 renvoie davantage de lumière : on la retient pour les secteurs naviguant de nuit, les fonds urbains éclairés et les lectures à grande distance.
Sources
- CEE-ONU, SIGNI : Code européen de la signalisation et du balisage des voies navigables, résolution n° 90 (ECE/TRANS/SC.3/208)
- Code des transports, annexe 7 à l'article A.4241-51-1 (Légifrance)
- Norme NF EN 12899-1, signaux fixes de signalisation routière verticale, partie 1 : panneaux fixes
Page mise à jour le 5 octobre 2026. Informations données à titre indicatif : seuls les textes officiels font foi.



